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La révélation : du brut au somptueux, plongée en terre de gemmes.

Qui sont ces magiciens qui transforment la matière brute en des joyaux étincelants qui font chavirer les cœurs depuis des siècles et des siècles ?




Le monde des pierres précieuses est un univers fascinant, magique, mystérieux aussi.

Admiré, fantasmé, il est pourtant compris et maîtrisé par peu d’entre nous !

Saviez-vous qu’il n’existe que quatre pierres précieuses ? Le diamant, le saphir, le rubis et l’émeraude sont les seuls à porter cette dénomination. Les autres pierres sont appelées semi-précieuses, pierres fines, pierres dures et l’on retrouve entre autres la turquoise, le lapis-lazuli (pierres dures), la grenat, l'améthyste, la cornaline (pierres fines )... et il y a aussi les matières dites organiques comme l’ambre, la nacre, le corail...

Revenons à nos pierres précieuses, ces gemmes si fascinantes. Nous avons ici les couleurs les plus attendues de ce pierres mais saviez-vous qu'un saphir qui est plus communément de couleur bleue peut aussi être jaune, rose, vert ou violet. Il existe même un saphir incroyable de couleur rose-violacée voire rose-orangée qui est appelé « Padparadja » pour « fleur de lotus ».

Le saphir « Padparadja », dont la couleur rappelle celle de la floraison des fleurs de lotus.


Délicates, rares et fragiles, ces pierres demandent à être travaillées, taillées, polies avec la plus grande des précisions et un savoir-faire qui s’acquiert tout au long d’une carrière.

La carrière du lapidaire est un apprentissage constant. Il faut savoir que le lapidaire peut s’occuper de toutes les pierres et matières (précieuses, fines, dures, organiques).




Pour la petite histoire, mon père est lapidaire. Mon envie de vous en dire plus sur ce métier part donc de là.

Il a commencé à travailler à l’âge de 15 ans pour un atelier lapidaire parisien. Au début comme il dit, on est tâcheron, façonnier, on ne touche aux pierres que pour des tâches bien définies et peu dangereuses pour leur intégrité. C’est au bout de 10 ans d’apprentissage et de répétition méthodique de techniques que l’on peut enfin s’attaquer à la taille de pierres brutes.

A 25 ans, il était autonome face à la pierre. A 30 ans, il partait pour la première fois en Asie avec ma mère pour trouver, examiner, comparer ses premières gemmes et les ramener en France pour les tailler et les monter sur des bijoux.



A l'époque, ils avaient ouvert une bijouterie dans Bordeaux qui s'appelait Cécile Créations.

J’ai eu la chance de les accompagner plusieurs fois en Asie et d’être prise dans ce chaos fascinant des vendeurs de pierres, qui vous donnent le tournis en vous présentant plusieurs « plis » remplis de "cailloux précieux" encore bruts. Quelle ambiance ! Il faut le vivre pour comprendre l’intensité de ces moments, l’œil expert qu’il faut avoir pour déceler la qualité, la bonne affaire...

J’ai posé trois questions à mon père :

Le moment le plus délicat lorsque l’on taille une pierre ?


C’est la mise en couleur. Il s’agit de « centrer la couleur » sur la pierre grâce à une taille précise et aux bons endroits. L’œil du lapidaire sait reconnaître le potentiel d’une pierre au premier coup d’œil, la mise en couleur est une autre affaire, cela se joue au millimètre près.


Le moment le plus dangereux face à la pierre ?


De manière générale, il vaut mieux perdre en rendement sur une pierre plutôt que de la casser. Surtout quand on a entre les mains des gemmes précieuses de plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Il faut beaucoup étudier la pierre avant de se lancer dans sa taille. Lors du « débrutage » et pour écarter les inclusions, qui sont les défauts dans la pierre, il faut prendre en compte les zones de fragilité de celle-ci. pour travailler la pierre brute il faut la cliver. Le clivage se définit, de façon simplifiée, comme la propriété que possèdent certains minéraux de se laisser débiter suivant des faces planes dans une ou plusieurs directions préexistantes.

Du reste, la réussite du façonnage d'une gemme dépend largement d'une bonne connaissance du clivage.

Le lapidaire doit ainsi déterminer l'angle le plus favorable entre celui-ci et le plan de la coupe ou de la taille, puis estimer et éliminer les clivages pouvant apparaître, lors de la taille ou du polissage, sous l'effet de la chaleur ou de la pression. En cherchant la couleur optimale il faut donc faire attention aux zones sensibles. Il faut alors savoir être raisonnable dans la taille et écouter la pierre.

Le moment le plus magique face à une pierre ?


C’est sans aucun doute la révélation après la mise en couleur de la pierre, sa taille et son polissage. On révèle alors l’extraordinaire, le magique, le somptueux.

Ce qui est incroyable c’est de transformer ce qui est d’aspect « défectueux », la pierre brute en une beauté sans nom.


A ma question : as-tu une pierre préférée, il me répond que non car elles sont toutes uniques et fascinantes.


Je crois alors que c’est une passion de chaque instant, une découverte continue, un amour complet pour ces merveilles de la nature.

Il faut être humble face à la matière m'a-t-il dit. Ce que la nature nous offre, nous avons la possibilité par la technique et le savoir-faire d’en faire des objets de désir.


Cependant, ce que la nature nous donne, il faut savoir le respecter et l’aimer; c’est ça la passion et la clef d’une carrière heureuse et épanouissante.


Le métier de lapidaire est un métier d'art rare. Prisés des Maisons de haute joaillerie, les lapidaires ne sont plus qu'une poignée à exercer ce métier d'excellence. Heureusement, certaines écoles proposent des formations à ce type de métier, il existe aussi des stages qui peuvent se faire directement en ateliers pour de l'initiation ou de l'approfondissement de connaissance.


L'essentiel est donc de transmettre, de donner envie, de perpétuer un savoir-faire riche et précieux !


Merci pour votre lecture. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à les poser en commentaires, je prendrais un immense plaisir à y répondre grâce à l'aide de mon père.


Cécile


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